Syndicat
Autonome de l'Enseignement Supérieur

DECLARATION DE RENTREE
La rentrée universitaire 2007-08 est déjà
effective mais le malaise des universités sénégalaises persiste,
particulièrement à Dakar. L’UCAD a vécu de graves convulsions pendant les
vacances, convulsions nées d’un certain nombre de manquements et de l’absence
du Recteur pendant cette période. En réalité, le mois de septembre 2007 a
révélé la profondeur de la crise que traverse l’UCAD avec les protestations
vigoureuses des enseignants titulaires, vacataires et étudiants représentants
des amicales. Ces composantes essentielles de la communauté universitaire
réclamaient toutes des sommes dues que le recteur n’était pas en mesure de
payer, comme ce fut le cas l’année dernière. Toutefois, le SAES tout en
reconnaissant aux étudiants le droit de réclamer leurs subventions, n’en
condamne pas moins, vigoureusement, la démarche utilisée : séquestration
du Secrétaire général du Rectorat.
Par contre,
l’action des vacataires, pour vigoureuse et inédite qu’elle soit, n’en
est pas moins légitime car elle exigeait le paiement immédiat des sommes dues
pour le 3ème trimestre, après un service dûment fait.
A l’évidence, le dénominateur commun de ces
justes protestations reste la question lancinante des budgets des universités
dont la carence est notoire. Sur ce registre,
les universités sénégalaises et celle de Dakar en particulier, vivent depuis
quelques années une crise sans précédent, crise révoltante qui, à n’en pas
douter, sape le moral de tous les acteurs du monde universitaire et nuit
gravement à la société.
Il
est important de rappeler que les graves déficits et l’endettement excessif de
l’UCAD remontent à 1994 avec l’ajustement de l’université par le PAES (Programme
d’Amélioration de l’Enseignement Supérieur). Ce programme avait, entre autres,
gelé les budgets, restreint l’accès des nouveaux bacheliers à l’université.
Seulement, quelques années après sa mise en œuvre, les budgets sont restés
bloqués mais l’accès, sans limite, des bacheliers avait repris, rendant les
infrastructures d’accueil insuffisantes et les taux d’encadrement trop faibles.
De cette situation découle une flambée des heures complémentaires dont la seule
enveloppe budgétisée (500 millions) est largement dépassée : il faut
désormais près d’un milliard par an. Ces heures complémentaires, très mal
rémunérées, tuent la recherche, augmentent le nombre des vacataires et nuisent
à la qualité de l’enseignement. Dans ce domaine la seule voie du salut réside
dans le recrutement. Des difficultés budgétaires qu’aucun bricolage ne peut régler,
le SAES retient qu’il n’acceptera, désormais, que des budgets de vérité. Si
l’Etat accepte la demande INCONTOURNABLE d’augmentation des budgets des universités, le SAES suivra avec la plus
grande vigilance leurs exécutions car il y a un réel problème de gestion dans
ce domaine. Par ailleurs, le SAES exigera des recteurs une complète
transparence dans la gestion des fonctions de service comme il faudra aussi
augmenter les ressources propres par le relèvement concerté des droits
d’inscription des étudiants. L’harmonisation de ces droits et leur augmentation,
prônées par l’UEMOA, sont un préalable nécessaire à un enseignement supérieur
de qualité.
Il faut aussi rappeler que l’obligation de
financement des universités publiques par l’État est bien compatible avec la
non ingérence politique, économique ou religieuse que postulent les libertés
académiques.
Au nom de la gestion démocratique, le SAES
attend avec impatience, la réaction des autorités sur l’exigence d’élection des
Recteurs tout comme sur la réforme des carrières des enseignants en rapport
avec la LMD.
Présentement, le SAES réclame le paiement du 3ème
trimestre des Heures Complémentaires, le rappel des 3 % de l’indemnité
d’enseignement et s’engage auprès des camarades à utiliser désormais tous les
moyens de pression à sa disposition pour faire respecter la date limite de
paiement de chaque somme due.
D’ores et déjà le SAES demande la mobilisation
de tous ses membres en vue de l’AG de rentrée dont la date va incessamment être
fixée.
Dakar,
le 09 octobre 2007
Le
Bureau national