
Syndicat Autonome de
l'Enseignement Supérieur Section EPT
DECLARATION
Université de Thiès : Chronique d’un amateurisme
et
d’un sabordage de l’excellence
A la veille des élections présidentielles de
février 2007, l’Etat s’est empressé d’annoncer l’ouverture de trois nouvelles
universités à Thiès, Bambey et Ziguinchor.
La mise en œuvre
efficiente d’une bonne politique de création d’universités implique
nécessairement son articulation autour de trois critères : une vision claire,
des moyens adéquats et un choix judicieux des hommes chargés de réaliser le
rêve. L’Université de Thiès (UT) vit un drame consécutif à des carences
cumulées au niveau de ces trois impératifs catégoriques. Le projet d’érection
de l’Université de Thiès avait suscité
beaucoup d’espoirs, surtout auprès du corps enseignant, très favorable à
la création d’une Université ouverte à tous les bacheliers sénégalais, toutes
séries confondues, en lieu et place du projet initial d’université à vocation
scientifique et technique. Ainsi, au démarrage, l’U.T polarisait quatre
écoles d’ingénieurs existantes et
fonctionnelles (ESP/THIES, ENSA, ENCR de Bambey et IST de Dakar) avec la
création d’une UFR Sciences et Économiques et Sociales (UFR SES). Une année universitaire
d’expérience aura suffi pour démontrer
que le rêve était trop beau.
Contrairement à ce
que pense la majorité des sénégalais, aucune construction n’a été réalisée pour
cette université. Les autorités, fidèles à leur démarche cavalière, se sont
contentées de créer l’UT sur les sites des structures existantes notamment
celui de l’EPT. C’est le lieu de rappeler qu’une bonne partie des locaux de
l’actuelle EPT soufre d’un niveau de dégradation très avancée et la
réhabilitation prévue dans le cadre du PAES n’a jamais été réalisée.
Aussi, l’UT baigne
dans l’informel et dans un flou administratif parce qu’il n’existe aucun texte
législatif pour sa création, son organisation et son fonctionnement !
Le cas de l’EPT que la commission de la nouvelle carte universitaire a
voulu ressusciter est aujourd’hui l’exemple type de l’amateurisme de nos
autorités. En effet, la composante centre Thiès de l’ESP (Ex EPT) a été rattachée
à la nouvelle université de Thiès sans textes de création encore moins de
budget de fonctionnement. Durant toute l’année 2007, l’EPT essaie tant bien que
mal de poursuivre sa mission de formation d’ingénieurs de conception et de
techniciens supérieurs sans budget faute de textes législatifs. Cette situation
inédite porte gravement préjudice à la qualité de la formation dispensée et à son
projet pédagogique en retardant l’ouverture de nouvelles filières porteuses notamment,
l’Architecture, l’Urbanisme, l’Informatique
et les Télécommunications.
Nous prenons à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur
la gravité d’une telle situation car un
ingénieur mal formé constitue un danger pour l’économie
nationale et pour la société.
S’ajoute au calvaire
de notre école, la nomination d’un recteur politicien plus soucieux de son
confort personnel et de la constitution d’une « cour royale » que de
la résolution des problèmes réels de notre université.
En effet, avec une dotation budgétaire de 611 millions en plus des
budgets de l’ENSA (225,706 millions) et de l’ENCR de Bambey (68,557 millions), notre
recteur :
v refuse d’octroyer à l’EPT les 300 millions du
budget de l’UT défalqués du budget de l’ESP malgré les promesses du Ministre de
l’éducation ;
v continue de bloquer les commandes des
équipements nécessaires à la formation des nouveaux étudiants recrutés par
l’EPT pour le cycle de DUT en génie mécanique ;
v refuse de payer aux enseignants nouvellement
recrutés à l’UT les heures complémentaires dues ainsi que les indemnités de
sujétions;
v projette un recrutement massif dans de
nouvelles structures sans aucune construction de locaux
administratifs, pédagogiques et sociaux ;
v transforme en palace les locaux administratifs
de l’EPT qu’il squatte alors qu’il ne se préoccupe nullement de la
réhabilitation des locaux pédagogiques ;
v confisque les locaux de la direction de l’EPT où
il est provisoirement hébergé au grand damne de cette dernière qui ne parviens
pas à loger sa direction des études ;
v utilise les ressources humaines de l’EPT pour
le fonctionnement des structures nouvellement créées sans création de postes de
remplacement ce qui conduit inéluctablement à son démantèlement;
v se crée des caprices financiers au moment où la
pédagogie est dans un dénuement total particulièrement à l’EPT.
La section SAES de l’EPT attire
l’attention des autorités et du peuple sénégalais qu’une rentrée scolaire à
l’université de Thiès avec de nouveaux étudiants est impossible sans locaux
pédagogiques et campus social pour les nouvelles créations.
Par conséquent, la section EPT du SAES exige du gouvernement :
v l’adoption des
textes de création, d’organisation et de fonctionnement pour les nouvelles
universités et de leurs structures notamment pour l’EPT ;
v la mise à la disposition
immédiate de l’EPT d’un budget de fonctionnement conséquent, à la hauteur de
ses ambitions ;
v l’arrêt de la
surcharge de l’espace EPT afin de garantir la
qualité et la sécurité de la formation des ingénieurs et techniciens ;
v l’acquisition,
l’élaboration d’un plan d’aménagement d’un site et construction de locaux pour abriter
toutes les nouvelles créations de l’UT ;
v la suspension de l’orientation de nouveaux
étudiants à l’université de Thiès jusqu’à l’acquisition de locaux pouvant les
abriter ;
v la construction d’un
rectorat et d’une agence comptable permettant de libérer les locaux squattés de
l’EPT ;
v la prise en charge continue
par l’UCAD des PER et PATS de l’EPT jusqu’à l’adoption de textes de l’UT ;
v l'élection du Recteur conformément à la revendication du BN du SAES.
En outre, la section SAES/EPT exige du
Recteur de l’UT
v la mise à la disposition
de l’EPT des 300 millions pour son budget de fonctionnement;
v le paiement immédiat
et sans conditions des sommes dues aux enseignants relatives aux heures
complémentaires et aux indemnités de sujétion ;
v l’arrêt immédiat de
la spoliation de l’espace de l’EPT par la délocalisation de tout projet de construction d’UFR ;
v la libération
immédiate et sans conditions par le Recteur et son administration des locaux de
v la titularisation de
tous les assistant titulaires d’une thèse de doctorat.
Enfin, la section SAES-EPT :
v s’opposera par tous les moyens à la spoliation
des locaux et du site de l’EPT, aux
tentatives de sabordage de la formation de qualité par une politique de surcharge
de notre espace de travail et au démantèlement programmé de notre école ;
v considère que, sans textes de l’UT et de l’EPT notamment, le personnel
de l’EPT dépend toujours de l’UCAD et
exige d’y rester jusqu’à l’adoption des dits textes;
v appelle à la mobilisation et à la
détermination de tous, pour lutter pour le développement et le rayonnement de
notre école dans une université de Thiès d’excellence.
NON A L’AMETEURISME !! NON
AU CLIENTELISME ET AU NEPOTISME !!
NON AU SABOTAGE DE
VIVE LE SAES !!
Thiès le 25 OCTOBRE 2007